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  • 1.000 heures pour construire sa propre éolienne

    vaessen, fabian, éolienneFabian Vaessen aperçoit le bout du tunnel. Après 850 heures de travail passées à concevoir sa propre éolienne, il touche enfin au but. Dans trois mois, il installera non loin de sa demeure ce dispositif de 16 mètres de haut transformant l’énergie cinétique du vent en énergie mécanique. Un accomplissement pour le  moins étonnant. 

    En Wallonie, les éoliennes ne sont pas légion. Et dans l’entité de Dalhem, elles se comptent sur les doigts d’une main. « J’en ai déjà aperçu une à Mortroux. Mais elle est nettement plus petite que celle que je mets sur pied », commente Fabian Vaessen. « Le prix croissant de l’énergie me sidère. Plutôt que de continuer à payer de lourdes factures, je souhaitais devenir autonome. Que ce soit pour le chauffage, l’eau chaude ou l’électricité, il fallait que je trouve une solution afin de diminuer mes dépenses. Pour avoir le chiffre zéro inscrit sur ma facture énergétique, j’ai alors pensé à installer une éolienne sur mes terrains à côté de ma maison ».

    Ni une ni deux, le Dalhemois s’est renseigné. Et rapidement, il a décelé trois inconvénients à l’achat d’un tel engin. « Une éolienne, ça coûte très cher. Pour rentabiliser cet achat, il faut beaucoup trop de temps. De surcroît, une éolienne vendue dans le commerce n’est pas adaptée à notre temps. En Basse-Meuse, les vents sont faibles. Et par petits vents, la machine ne tourne pas. En fait, il est nécessaire d’avoir des pales suffisamment larges pour que la machine démarre. Enfin, une éolienne du commerce est souvent bruyante. Ca donne alors une mauvaise image de soi et ça gène souvent les voisins. Moi qui aime dormir avec la fenêtre ouverte en été, il m’était inconcevable de posséder un tel dispositif. Au vu de ce bilan, j’ai laissé tomber le projet. Mais pas totalement : j’ai fait une croix sur l’achat global et j’ai décidé de me lancer dans le montage de l’engin moi-même. Une éolienne auto-construite, ça coûte moins cher et ça ne fait pas de bruit, pour autant qu’elle soit conçue de manière réfléchie évidemment »…

    vaessen, fabian, éolienneAprès s’être renseigné sur la démarche à suivre, Fabian s’est mis au travail. Il faut dire qu’à Bombaye, le site est idéal pour une mise en place d’un engin d’une telle ampleur. « J’ai étudié le marché, pris des contacts avec des associations… Je cherchais un soutien technique. Car j’étais certain de mon coup. Le site est dégagé et suffisamment grand pour y placer ce dispositif. Après avoir fait ma demande de permis, je me suis lancé dans la construction. Voilà plus de 850 heures, soit trois ans, que je me consacre au projet. En tout, il me faudra environ 1.000 heures de travail pour arriver à mes fins. L’éolienne devrait être installée au mois de novembre. Mais ce n’est pas pour cette raison que je n’aurai plus de pain sur la planche. En effet, je devrai encore m’occuper de la gestion électrique du dispositif ainsi que de la programmation de l’automate. Bref, ce n’est qu’au printemps que je verrai l’éolienne fonctionner parfaitement pour la première fois ».

    « J’ai cette idée depuis mon plus jeune âge »

    C’est dès l’âge de 8 ans que Fabian Vaessen a eu l’idée de mettre sur pied un tel projet. « Dans les années 1988, j’avais aperçu de très près une éolienne domestique chez un privé », raconte le Dalhemois de 34 ans. « J’ai directement apprécié le projet et je me suis dit que je pourrais concevoir un tel dispositif dans quelques années. Il faut dire que j’ai un côté bricoleur. De surcroît, j’adore les défis. Tout ce qui est mécanique, c’est mon dada ».

    Vu la situation de ses terrains, le Dalhemois a reçu le permis de bâtir sans trop de problèmes. Ce qui n’est pas le cas de tout le monde… « Certaines personnes se plaignent des éoliennes. Il faut dire que les dispositifs vendus sur le marché sont très bruyants. Je peux donc comprendre certains décideurs qui refusent la mise en place d’un tel dispositif. Par contre, les éoliennes domestiques comme la mienne ne font pas le moindre bruit ».