catastrophe

  • Une catastrophe pour les fruiticulteurs de Basse-Meuse

    pommes, poires, catastropheLe premier ministre russe, Dmitri Medvedev, a imposé une interdiction ferme de l’exportation des denrées alimentaires européennes dans son pays. Pour les nombreux fruiticulteurs de la Basse-Meuse, c’est une véritable catastrophe. 

    La Basse-Meuse est réputée pour la qualité de ses pommes et ses poires. Il faut dire que de nombreux fruiticulteurs se rendent quotidiennement dans leurs champs pour chouchouter leur matière première. Lorsqu’ils ont entendu hier en fin de matinée que la Russie imposait un embargo sur l’exportation de leurs produits, ils sont tombés des nues. « C’est une véritable catastrophe. Les pertes vont être conséquentes », commente, avec une voix grave, Louis Houbiers, un producteur de Bombaye. « Personnellement, j’ai exporté plus ou moins 65% de ma production vers la Russie, l’année dernière. Mais ce n’est pas un record ! J’ai déjà vu partir plus de 80% de mes pommes et poires vers des contrées russes. Je pensais même que c’était devenu une bonne habitude... Eh bien, non ! L’exportation de ma matière première a déjà diminué fortement. Ce qui a malheureusement eu quelques retombées financières. Entendre qu’aucun fruit ou légume ne pourra désormais être amené en Russie est insoutenable. Je ne sais pas comment je vais m’en sortir ».

    A l’instar de nombreux producteurs belges, français, anglais, polonais ou espagnols, Louis Houbiers compte chaque année sur le marché russe pour gagner sa vie. A présent, il va devoir trouver d’autres solutions… « J’exporte mes fruits où je le peux », reprend le Dalhemois. « Mon travail demande une gestion extrêmement précise. D’ailleurs, j’ai encore plus de 100 tonnes de poires prêtes à être vendues. Je dois libérer mes frigos car, dans une quinzaine de jours, il y a une nouvelle récolte prévue. Où envoyer mes fruits, si je dois faire sans la Russie ? Va-t-on devoir essayer de dénicher de nouveaux marchés sur moins d’un mois de temps ? C’est complètement injouable pour un petit producteur comme moi. J’ai bien peur que les gros producteurs européens ne trouvent une solution et que nous, nous restions sur le carreau, avec de nombreux fruits invendus dans nos garages ».

    L’heure est donc au travail, mais aussi à l’inquiétude. « Une telle décision du président russe fait peur. Très peur même ! C’est une décision politique qui a d’énormes retombées pour les producteurs de notre belle région. Si je prends un peu de recul, je peux déjà affirmer que je produis, à l’heure actuelle, des fruits pour rien. Si j’avais su qu’une telle décision allait tomber, j’aurais essayé de prendre les devants. Mais là, c’est trop tard. Beaucoup trop tard » ! Voilà maintenant plus de vingt ans que Louis gagne sa croûte grâce, en grande partie, à ses arbres fruitiers. « C’est le travail d’une vie qui est remis en question », conclut-il, avant de retourner dans ses champs. 

    « Une concurrence beaucoup plus féroce » 

    « Nous avions gagné un marché. A cause d’une décision politique, nous le perdons. C’est incroyable comme les choses peuvent aller lentement puis vite quelques années plus tard ». Ces premiers mots de Georges Leclerc, un producteur aubinois de pommes et de poires, sonnent comme un glas. « Plus de 60% de ma production était exportée en Russie. Concrètement, deux tiers de mes poires et un peu moins de la moitié des pommes étaient envoyées dans le Nord de l’Europe. Voilà des chiffres conséquents ! En plus de perdre un marché, j’ai bien peur que cela nous cause de nouveaux problèmes. Tous les producteurs vont essayer de trouver des solutions. Par conséquent, imaginez que des fruiticulteurs polonais commencent à envoyer en Belgique leurs produits à des prix moins élevés que les nôtres. S’il a le choix, le client risque de délaisser notre matière première. Voilà qui mettrait une bonne partie de notre production en péril ».