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  • Son job : vérificateur de balances !

    clerdent, philippe, balancesPhilipe Clerdent a un job pour le moins étonnant. Le Mortrousien arpente régulièrement les rayons de grandes surfaces. Non pas pour y acheter des aliments en tout genre afin de nourrir sa famille, mais bien pour contrôler les balances non-automatiques de ces commerces. Il faut dire que ces dernières ne sont pas toutes bien réglées…

    Qui garantit que le kilo de fruits ou légumes vendu dans votre grand magasin préféré pèse bien un kilo ? Qui assure que le pesage de l’or et de vos bijoux chez votre bijoutier est correct ? Ou qui vous dit avec conviction que les balances de pharmaciens sont toujours réglées avec justesse ? Vous ne vous êtes peut-être jamais posé ces questions. Pourtant, trente pourcents des balances se trouvant dans le commerce ne sont pas en règle !

    Concrètement, il existe deux types d’infraction. La première est purement administrative : toutes les balances ont l’obligation d’être déclarées au service fédéral de métrologie. De surcroît, elles doivent subir une vérification périodique par un organisme agréé tous les quatre ans. Ce que de nombreux commerçants oublient ou ne savent pas... Ensuite, il y a les infractions dites purement techniques. D’après les observations de ce service fédéral, 5 à 10% des balances sont hors-tolérance (pour cinq kilos, la tolérance est de dix grammes pour une balance d’une portée maximale de 15kg/5g). De plus, cet organe reçoit en moyenne une à deux plaintes par semaine de la part de clients mécontents. Le plus surprenant, c’est que 90% des critiques formulées ne sont pas fondées lors de vérifications sur le terrain. De surcroît, lorsque les balances sont hors-tolérance, c’est régulièrement  à l’avantage des consommateurs et donc, a contrario, en défaveur des commerçants. «  Personnellement, j’interviens sur le terrain et sans prévenir les commerçants d’après une base de données nous renseignant les déclarants en retard de vérification périodique », explique Philippe Clerdent, expert technique du service métrologie. « Si l’infraction se confirme, j’établis un avertissement et l’assujetti dispose alors de deux mois pour régulariser la situation ».

    Vous l’aurez compris, en vérifiant les balances d’une multitude de commerces du coin, Philippe Clerdent occupe un poste capital. Surtout que les amendes peuvent aller de 26 à 10.000€ si, après avoir reçu un avertissement, un commerçant n’a pas fait appel à une société de vérification agréée par le SPF métrologie. 

    «  Lorsque je me rends dans une grande surface, je vérifie que toutes les balances soient conformes et déclarées. Afin de voir si elles sont bien réglées, j’emmène avec moi une valise et quelques poids histoire de réaliser un contrôle technique. Si la balance est bien réglée, il n’y a aucun souci. Par contre, si je remarque un défaut, elle est refusée et ne peut plus être utilisée dans le circuit commercial. Quant au commerçant, il dispose d’un délai raisonnable (NDLR un mois) afin de régulariser la situation. Du bureau, je peux ensuite surveiller la mise en conformité de l’engin. En effet la société réparatrice encode la vérification effectuée sur notre base de données ».

    A titre indicatif, une vignette de vérification doit être visible sur les balances. Les clients ont donc la possibilité de constater la validité ou non de l’instrument de pesage.