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  • Un Adjudant de 101 ans du Fort d’Aubin retrouvé à Bruxelles

    adjudant, aubinThomas Herens a fait une découverte pour le moins étonnante. Le conservateur du musée du Fort d’Aubin est parvenu à entrer en contact avec le dernier officier vivant du Fort durant la seconde guerre mondiale. Malgré ses 101 ans, ce dernier lui a donné une mine d’informations sur ce lieu chargé d’Histoire. 

    C’est en feuilletant l’annuaire téléphonique que Thomas Herens a retrouvé les traces de cet ex-officier. « Je disposais simplement de son nom, son prénom et sa date de naissance », narre le conservateur du musée aubinois. « Il s’appelle Albert Flagothier et est né le 8 juin 1913. Un jour, je suis tombé sur ce nom de famille dans les Pages Blanches. J’ai rapidement appelé le numéro inscrit sous mes yeux. La personne qui m’a répondu m’a notamment dit : ‘Albert Flagothier, c’est mon père ! Oui, il est toujours en vie’ ».

    Ni une ni deux, le résident d’Oupeye a fixé un rendez-vous à cet ancien officier de 101 ans. Ce dernier habite au pied de l’Atomium en plein cœur de Bruxelles. « C’était magique : il m’a révélé plein de choses super intéressantes. Tout d’abord, il faut savoir qu’il était sergent assimilé au grade de sous-lieutenant. De surcroît, ce sous-officier a passé les examens pour devenir adjudant, un statut qu’il a rapidement occupé. En outre, c’est le dernier officier du Fort (sur 14) de la seconde guerre mondiale toujours en vie  ».

    adjudant, aubinConcrètement, c’est le 29 juillet 1938 qu’Albert Flagothier a débarqué en région aubinoise. « Le 22 mai 1940, j’ai été fait prisonnier par les Allemands », raconte-t-il. « Le fait de parler néerlandais m’a permis un rapatriement assez rapide, soit le 14 février 1941. J’ai donc vécu une grande partie de la guerre en Belgique, avant de partir à l’étranger, et plus précisément en Afrique, afin d’exercer mon boulot de professeur de chimie ».

    A Aubin, Flagothier avait un rôle très précis. « Lors de mon arrivée, j’ai été affecté au bureau de tirs. Cela signifie que je centralisais toutes les données. Il a fallu quadriller la région sur dix kilomètres. Un panorama de 360° a d’ailleurs été créé grâce à l’accumulation des données. En tout, j’ai participé à la conception de 3.000 tables de tirs différentes sur du papier millimétré. En gros, on peut donc affirmer que j’ai préparé la guerre ».

    Un travail de fourmi qui a d’ailleurs permis au Fort aubinois de résister à 23 assauts allemands ! « Chose assez incroyable, les ennemis ont applaudi les soldats belges lors de la prise du Fort, ces derniers ayant fait preuve de bravoure et d’une adjudant, aubinincroyable détermination », conclut Thomas Herens. « Au contraire de la plupart des lieux où la guerre faisait rage, il y avait un respect mutuel entre l’occupant et l’occupé ». 

    Des anecdotes à gogo

     Des anecdotes, Albert Flagothier pourrait en raconter toute une journée. Morceaux choisis. « Dans les prairies d’Aubin, nous avions placé des mitrailleuses pour tirer sur les avions allemands. Rapidement, nous avons remarqué que la mission était trop dangereuse. Nous avons alors rentré notre matériel sous mes ordres et ceux d’un collègue. En effet, j’ai été affecté à ce secteur avant de reprendre mon travail au bureau de tirs du Fort. Dans les galeries de ce lieu chargé d’Histoire, on pouvait entendre un bruit sourd à l’époque. Or, nous étions situés trente mètres sous terre. Je ne comprends d’ailleurs toujours pas les raison de ce chahut. En fait, nous vivions dans le Fort, mais nous pouvions parfois en sortir. A ce sujet, au contraire du Commandant D’Ardenne qui nous autorisait à quelques fois prendre la poudre d’escampette, le Capitaine Lannoy disait constamment non à nos requêtes ». 

    Ces informations s’ajoutent à celles collectées précédemment. « Nous disposons de plusieurs documents d’époque », analyse Thomas Herens, le conservateur du musée du Fort d’Aubin. « Cela nous permet de donner diverses informations à des familles de soldats. Dans nos démarches, nous avons d’ailleurs été aidés par le centre de documentation des forces armées à Evere ».