Blegny: un budget plus virtuel que jamais (analyse)

Si le bourgmestre Marc Bolland positive, l’inquiétude, renforcée par les précisions apportées par l’opposition, est clairement de mise à Blegny. Voici quelques jours, le budget voté pour l’année 2018 a donné lieu à de vifs échanges.  

Le bourgmestre Marc Bolland n’avait habitué personne à cela. Lui qui apprécie se montrer rigoureux a été contraint, vu la situation, de proposer un budget plus virtuel que jamais pour l’année 2018. En cause, le résultat de la contestation du précompte immobilier de la Caserne de Saive qui est toujours méconnu. « Nous avons introduit un recours, il y a trois ans », précise le bourgmestre. « Chaque année, nous devons débourser la modique somme de 700.000 euros. En tout, nous aurons sorti pas moins de 2.800.000 euros pour le précompte immobilier. Mais dans quelques semaines, nous aurons l’officialisation d’une rectification. Ce qui nous permettra de gagner un peu d’argent. Ou d’en dépenser moins, c’est selon. De fait, nous avons déjà effectué deux versements, le troisième sera bientôt réalisé, avant de clôturer ce dossier dans un an ».

Conscient que la commune de Blegny devrait recevoir un beau cadeau de Noël après l’heure, Marc Bolland tient toutefois à rester prudent. « Nous en saurons davantage dans quelques semaines. En mars, on saura établir un budget plus précis car nous aurons enfin reçu cette fameuse rectification. Une chose est sûre, cette situation nous a contraints à restreindre notre champ d’action. De fait, chaque année, nous devons inscrire ces 700.000 euros au budget. Nous nous remettrons autour de la table dans trois mois afin de réaliser un calcul nettement plus précis. Par exemple, les différents subsides octroyés aux associations seront tous régularisés en mars prochain ».
Si Marc Bolland est logiquement frustré par cette situation, l’ICDH ainsi que le MR sont extrêmement surpris. Par conséquent, ils ont voté contre cette proposition de budget des socialistes. « Si le MR a pris cette décision contre le budget ordinaire (NDLR : un peu plus de 15 millions d’euros) et extraordinaire (NDLR : 4,4 millions d’euros prévus pour les investissements), c’est en raison des nombreuses inquiétudes liées au remboursement de la Caserne de Saive en janvier 2019, soit dans un an », ajoute Jérôme Cochart, le conseiller communal réformateur. « Aujourd’hui, on ne voit rien venir et on nous présente un budget virtuel qui sera modifié en mars. Les inquiétudes sont donc toujours de mise car la commune devra rembourser 8.500.000 euros, plus 1.000.000 euros si nous ne remboursons pas les intérêts aujourd’hui, alors que nous ne voyons pas les ventes des bâtiments se concrétiser ».
En juin, les élections communales seront en vue et l’opposition aimerait recevoir un plan précis pour enfin solder les comptes de la Défense nationale. Car sortir les 1.400.000 euros pour payer la fin du précompte immobilier de la Caserne de Saive, c’est une chose. Mais débourser la somme de 8.500.000 euros pour le remboursement global, c’est bien plus lourd.
Certitude : ce ne sont pas les loyers désormais payés par la Province de Liège, alors qu’elle possédait certains bâtiments jusque-là gratuitement qui vont permettre d’obtenir un budget d’une dizaine de millions d’euros pour clarifier une situation de plus en plus frustrante pour tous.

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