Blegny: elle lui mord la verge, il lui casse deux côtes

Le tribunal correctionnel de Liège vient de juger une dispute conjugale qui aurait pu avoir des conséquences tragiques : étranglée, la victime avait perdu connaissance et son compagnon avait dû lui jeter des seaux d’eau au visage pour la « récupérer ». Il soutient, certificat médical à l’appui, que c’est parce qu’elle venait de lui mordre la verge qu’il avait agi ainsi.

Les faits s’étaient déroulés à Blegny, le 13 mars 2016. François, âgé de 53 ans, avait été manger au restaurant chinois avec sa compagne. Ils étaient tous les deux un peu éméchés et en rentrant, ils avaient fait l’amour. L’ambiance s’était cependant ternie lorsque la dame avait abordé un sujet fâcheux, à savoir l’ex-compagne de monsieur. « Il m’a sauté dessus alors que j’étais couchée sur le lit, il a placé ses mains sur ma gorge et a poussé », a-t-elle témoigné. « Je n’arrivais plus à respirer, j’ai perdu connaissance ».

Mais François avait, lui aussi, remis un certificat médical. Selon lui, sa compagne s’était effectivement énervée en parlant de son ex. Dans sa colère, elle lui aurait mordu le sexe, la trace de morsure ayant été attestée par un médecin. C’est alors qu’il avait porté des coups à sa compagne, soi-disant pour se défendre. À titre subsidiaire, il avait invoqué la provocation.

Le tribunal a estimé que si François avait bien, comme il l’a soutenu, été mordu à la verge par celle qui partageait sa vie, il existait « d’autres manières de se défendre que de l’étrangler, de lui porter des coups au visage et de la brutaliser au point de lui casser les côtes ». Il aurait pu, par exemple, quitter les lieux…

Quant à la provocation, il y a une importante disproportion, a estimé le tribunal, entre la morsure de la verge et la violence que la dame a subie.

Cependant, la victime et le prévenu ne se fréquentent plus, et ce dernier est socialement bien inséré. Pour ne pas risquer son déclassement social, le tribunal a prononcé une peine de 120 heures de travail (ou 9 mois s’il ne l’accomplit pas). Le dommage moral de la victime, ainsi que ses frais médicaux et de justice, portent sur un montant d’environ 2.000 euros dont François devra s’acquitter.

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