Il embellit le cimetière de Saint-Remy (photos)

Contraste saisissant dans le cimetière de Saint-Remy. Géré par la commune de Blegny, le site est propre, mais pas très coloré. Et ce, même si les membres des familles des personnes décédées apportent de temps à autre des fleurs… Deux parcelles sont cependant dignes d’une réserve naturelle, à savoir juste splendides. Rencontre avec Alphonse Lambert, le responsable de ces chefs-d’œuvre.

Positionné juste devant l’église de Saint-Remy, Alphonse Lambert nous attend, plus heureux que jamais. Ce personnage, connu comme Barabbas du côté de Saint-Remy, un village de la commune de Blegny, n’a qu’un souhait: nous montrer les parcelles du cimetière local qu’il gère avec une volonté débordante. Un souhait qui, soyons honnêtes, pourrait paraître surprenant quand on ne connaît pas la teneur précise de son travail… En tant que président de la fédération nationale des anciens prisonniers de guerre de la section de Saint-Remy, mais également président de l’amicale des enfants des anciens prisonniers de guerre de Saint-Remy, Alphonse Lambert a décidé de commémorer la mémoire des personnes décédées durant la guerre 40-45. Et ce, d’une manière très précise!

2.JPG

« Tout a commencé il y a plusieurs dizaines d’années, avant la fusion des communes », explique cet homme qui, comme il le signale avec beaucoup d’humour, file vers ses 80 ans. « Certaines parcelles du cimetière ont été créées après la libération, à la fin de la guerre. Ces dernières délivraient un message précis: il est important de se souvenir des anciens combattants ainsi que des personnes qui sont décédées durant cette triste période. Il s’agissait donc d’un ‘en droit sacré’. Bref, il fallait absolument en prendre soin ». Il y a cinq ans, Alphonse Lambert a voulu embellir le cimetière de Saint-Remy. Ou plutôt, les parcelles dont il est «responsable». C’est ainsi qu’il a demandé un coup de main à la commune. « Et cette dernière a répondu favorablement à ma requête », reprend cet homme de 79 ans.

3.JPG

« La commune de Blegny a p l a n t é d e s r o s i e r s a v e c d e s fleurs rouges. Et ce, après avoir complètement renouvelé le secteur. Les pierrailles ont été enlevées, une couche de lave de volcan a été versée sur le sol… Bref, les travaux se sont multipliés. Mais le summum, c’était bien évidemment ces fameux rosiers. Ces derniers allaient donner un nouveau souffle au cimetière de Saint-Remy ». Qui dit plantation dit entretien, sous peine de voir les rosiers crever... Le président de la fédération nationale des anciens prisonniers de guerre de la section de Saint-Remy l’a bien compris. « Et c’est ainsi que j’ai commencé à entretenir les rosiers bénévolement. Concrètement, je les taille, je les arrose, je m’occupe des pulvérisations… Bref, j’en prends soin. Le tout, en utilisant évidemment des techniques biologiques ». À présent, le contraste est saisissant. Le gris est la couleur qui règne en maître au sein du cimetière. Certains villageois amènent parfois des fleurs, mais les parcelles les plus colo rées sont évidemment celles qui sont entretenues par ce villageois qui réside à Saint-Remy depuis 1952. « J’espère simplement que les orages ne seront pas trop violents dans les prochains jours. En quelques secondes, mon travail peut-être annihilé. Mais je suis un vrai passionné. Cela ne m’arrêtera pas. Ma mission est de gérer deux parcelles du cimetière. Je mettrai toujours tout mon cœur afin que le travail réalisé par mes soins soit le plus satisfaisant possible. Les familles des anciens combattants peuvent compter sur moi ».

4.JPG

Les commentaires sont fermés.