Le château de Wodémont est à vendre pour plus de trois millions d'euros

Après le splendide pavillon de chasse, situé dans le centre de Dalhem, à vendre pour la modique somme de 1,5 million d’euros, un autre domaine dalhemois, encore plus prestigieux, est au centre des attentions d’un public plutôt huppé. Ce dernier se situe à Aubin-Neufchâteau. Le prix demandé pour le donjon, quatre maisons et 41 hectares de terrains agricoles et de bois est de 3,3 millions d’euros. Reportage dans cet endroit de rêve.

En empruntant un petit chemin sur les hauteurs d’Aubin-Neufchâteau, nous tombons rapidement sur un panneau « propriété privée ». Mieux vaut donc faire demi-tour. Enfin, sauf si vous avez rendez-vous au sein de cet endroit de rêve... Car, une fois passées les deux pilastres de pierre et après une traversée de 600 mètres d'un chemin privé, nous arrivons face au donjon. A droite, une ferme en carré avec son porche. C’est là que nous attend M. Veranneman de Watervliet, l’un des propriétaires de ce domaine en vente depuis un peu plus d’un mois. La somme demandée peut sembler élevée (3,3 millions d’euros), mais il s'agit d'un coin de paradis, non loin de Liège, de Maastricht et d'Aix-la-Chapelle !

Comme l’explique la page internet du site Immoprestige consacrée à la vente de ce bien, ce domaine comprend le château, agrémenté d'un parc et d'un petit jardin à la française, une ferme composée de quatre maisons avec jardin privatif dont deux récemment rénovées, une bibliothèque et une grange, le tout sur un site exceptionnel de plus de 40 hectares de terres agricoles et de bois. « Et que dire du panorama », surenchérit Raymond Veranneman de Watervliet, co-propriétaire avec son frère et sa sœur. « Vers l'Ouest, on peut apercevoir le canal Albert à Lanaye et les coteaux de la rive gauche de la Meuse. A l'Est, depuis la terrasse du château, c'est la vallée de la Berwinne avec Saint Jean -Sart et la flèche abbatiale du Val Dieu. ».

Reste à comprendre comment la famille Veranneman de Watervliet a pu s'établir ici. « Le château était à l'abandon depuis la première​ guerre mondiale, mais la ferme a toujours été en activité. En 1970, le fermier principal allait prendre sa retraite, libérant ainsi les bâtiments et les terres. C'est le moment qu'a choisi le propriétaire de l'époque, le Comte de Borchgrave d'Altena, pour mettre sa propriété en vente. Mon père l'ayant acquise, il a entrepris d'importants travaux de restauration sous la direction de son architecte, le Comte Eric d'Oultremont. Il y vécut jusqu'à sa mort en 2000. Actuellement, c'est mon frère qui réside dans le château alors que ma sœur a aménagé sa maison de campagne dans une partie de la ferme qu'elle loue également comme gîte. Quant à moi, je me suis installé avec ma famille dans les anciennes étables. Les travaux de transformations se sont achevés en 2005. Les deux autres maisons sont actuellement inoccupées. Au total, cela fait environ 2400m² habitables ».

Le plus étonnant dans tout ça, c’est le fait qu’aucun de ces bâtiments ne soit classé. « C’est probablement dû aux modifications effectuées durant la restauration. Les différents bâtiments ont évolué au cours du temps », ajoute Raymond Veranneman de Watervliet avant de conclure. « Si nous avons pris la décision de vendre, c’est parce que nous avons chacun d’autres projets. Nous sommes conscients que nous quittons un endroit de rêve, mais il faut savoir tourner la page. Nous espérons que les nouveaux propriétaires continueront à respecter ce lieu enchanteur ».

Une position stratégique

Le château de Wodémont se situe à cheval sur la Basse-Meuse et le pays de Herve, au cœur du triangle Liège (à 20km) – Maastricht (Pays-Bas/à 20 km) – Aachen (Allemagne/à 30km). Une charte stavelotaine de 1063 mentionne son plus ancien seigneur connu, Erwinus de Waldemonte. Dominant la vallée de la Berwinne qui formait, au Moyen-âge, la frontière entre le Duché de Limbourg et le Comté de Dalhem, l'imposant donjon rectangulaire en défendait l'accès. C’est d’ailleurs par l’attaque du château, en 1286, que le duc de Brabant, Jean le Victorieux, débuta la guerre de succession du Limbourg. A la fin du 17​e​ siècle, l'ouvrage militaire fut transformé en résidence. Une aile fut alors accolée au donjon et de grandes fenêtres furent percées pour y faire entrer la lumière. D'autres travaux furent entrepris au 19​e​ siècle par le Comte Léon de Borchgrave d'Altena. Entre autres, il fit placer la cheminée du salon qui provient du château de Berneau qui lui appartenait aussi. Le manteau de cette cheminée porte les blasons de Thierry De Gulpen, seigneur de Berneau et de Bombaye, ainsi que d’Hélène de Brus de Loën, qu’il épousa en 1615. 

Acheteurs potentiels

Qui peut se permettre d’acheter un domaine à plus de trois millions d’euros ? Pas grand-monde dans notre région. A moins de profiter de chaque spécificité de ce site ! « C’est l’endroit de rêve pour un habitat groupé. Quatre maisons, un donjon, de grands terrains agricoles… Pour un projet familial, par exemple », évoque Raymond Veranneman de Watervliet. « Avec les prairies et les bâtiments de ferme, cela pourrait également intéresser les éleveurs de chevaux de prix destinés à l’étranger. L’aéroport de Bierset, qui gère le transport international d’équidés, n’est distant que d’une vingtaine de kilomètres. Nos amis néerlandais pourraient également se montrer intéressés, eux qui ne disposent pas d’un tel endroit aux Pays-Bas. D’ailleurs, l’aéroport de Maastricht est situé à 22 kilomètres d’ici. Mais également des investisseurs qui voudraient réaliser un projet de loisir ou résidentiel. Enfin, les amateurs de demeures historiques y trouveraient de quoi assouvir leur passion ».

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