Paul Bolland lance « l’Année du Wallon » à Blegny

Lors d’une conférence inaugurale organisée la semaine dernière à Mortier, Paul Bolland a lancé officiellement « l’Année du Wallon » à Blegny. Un évènement, subdivisé en une dizaine de manifestations bien distinctes, qui a pour but de redynamiser cette langue

Une centaine de personnes se sont réunies, le jeudi 16 mars, à la salle des « Amis de la Jeunesse de Mortier ». Un rendez-vous sur fond de conférence inaugurale de « l’Année du Wallon » à Blegny animé par Paul Bolland. « Mès deûs lingadjes : requiem ou combat ? (NDLR mes deux langages) Tel était le titre, en wallon, de mon exposé », énonce celui qui fut nommé Gouverneur de la Province de Liège il y a 27 ans.

En plus d’annoncer officiellement qu’il s’agissait d’une grande première à Blegny, le président d’honneur de la Fédération culturelle wallonne de notre Province a réalisé un retour historique. « J’ai tout d’abord expliqué au public d’où venait cette langue wallonne », reprend le père de Marc Bolland, bourgmestre de Blegny. « J’ai par exemple évoqué le fait que le wallon était une langue utilisée au premier siècle avant Jésus Christ. Au fil du temps, ce langage, qui était, au départ, uniquement oral, a donné des langues dérivées. Repliées sur elles-mêmes, les populations ont développé de manière différentes ces dialectes. En tout cas, bien avant l’arrivée du français, l’unilinguisme était de mise : tout le monde parlait le wallon. Il s’agit donc d’un pilier fondamental de notre Histoire ».

L’arrivée du français a cependant modifié la donne. « Et à partir du début du 19e siècle, la chute de Napoléon, ajouté au fait que Guillaume 1er souhaitait à tout prix propager le néerlandais en Flandre, a encore davantage changé les habitudes du peuple. Avec l’instauration de l’unilinguisme néerlandais en Flandre et de l’unilinguisme français en Wallonie, on a voulu tuer les dialectes. Ces derniers étaient considérés comme une résurgence des situations antérieures. Il s’agissait d’une véritable guerre contre le wallon. Certains élèves se faisaient par exemple punir lorsqu’ils utilisaient ce langage dans les cours d’école ».

De nos jours, il n’est pas rare d’entendre des gens utiliser des expressions wallonnes dans leur langage courant. « Voilà pourquoi je trouve que le français et le wallon peuvent tout à fait cohabiter. Le français comme langue nationale, voire même internationale. Le wallon comme langue de la communication sentimentale, comme langage des tripes. De plus, le wallon renforce très clairement notre identité ».

D’ailleurs, pour toutes ces raisons, la commune de Blegny a décidé de faire davantage connaître le wallon au cours d’une année spéciale : « l’Année du Wallon ». « En instaurant des expressions un peu partout dans la commune ou en utilisant cette langue lors de différents évènements, nous allons raviver en quelque sorte la flamme. Et qui sait, nous allons peut-être densifier la pratique du wallon ». 

Le programme

Afin que le wallon soit davantage présent dans notre quotidien, de nombreuses initiatives sont prises par la commune de Blegny. Tour d’horizon.

-      Avril :  placement des « Clapantès Plakes ». Il s’agit d’une plaque sur laquelle est rédigée une phrase savoureuse en wallon visant l’activité de l’entreprise ou du commerce devant lequel cette dernière a été accrochée. C’est François Walthéry qui a conçu le dessin spécial pour cette initiative spécifique. Un marché public sera organisé lundi prochain pour la confection de ces plaques.

-      15 avril dès 18h : la section de théâtre de la Jeunesse de Housse présente la pièce « Li Pèheu d’Bêté ».

-      21 mai : balade à la rencontre des oiseaux commentée en wallon par Roger Ponsen au départ de la place communale de Saint-Rémy.

-      28 Août : dans le cadre de la fête à Mortier, organisation d’une pièce de théâtre en wallon.

-      9 septembre : balade libre sur le Chemin de l’Abbé ponctuée d’animations wallonnes.

-      Septembre : dans le cadre des Journées du Patrimoine, Blegny-Mine propose des trajets en tortillards au départ du site à la découverte du GR 412 et du sentier des Terrils.

-      Septembre : l’équipe de « l’Année du Wallon » présente « Rèvolucion èt consyince », avec des poèmes de Nicolas Donnay récités par les jeunes élèves de Paul Castro durant les intermèdes, à la salle polyvalente de Blegny-Mine.

-      2 et 7 octobre : dans le cadre de la fête à Saint-Remy, la Dramatique la Saint-Rémoise et la Jeunesse vous convient à leur soirée théâtrale.

10 novembre : conférence finale sur le thème des liégeoiseries par Paul-Henri Thomsin à la salle communale de Housse.

Commentaires

  • IMPEC!faut que ça bouge...

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