Philippe Maréchal à l’assaut du Mont-Blanc (photos)

Après le Marathon des Sables en compagnie de son ami Nicolas Lecomte en 2014, Philippe Maréchal va prendre part à une épreuve tout aussi compliquée. Cette année, le Dalhemois de souche n’a pas rendez-vous dans le désert mais bien à la montagne. Il va en effet participer au prestigieux Ultra-Trail du Mont-Blanc en solo.

Philippe Maréchal est un sportif de l’extrême. Après avoir parcouru, il y a deux ans et demi, 244 km dans le désert du Sahara durant six jours en autosuffisance alimentaire, il a décidé de se lancer un nouveau défi. « Nico et moi avions effectué cet exploit à deux », énonce le Dalhemois, attablé dans un bar à Visé. « Nous avions bien géré notre course en terminant vers la 500e place finale alors qu’il y avait plus de mille participants. Oui, je me suis senti pousser des ailes à l’arrivée, sans néanmoins tomber dans l’excès. En effet, courir, c’est bien. Mais il y a aussi la famille, le travail… Bref, j’ai continué à faire du sport avec un objectif bien précis : participer un jour à l’Ultra-Trail du Mont-Blanc ».

L'UTMB est un évènement sportif composé de cinq trails dont quatre en ultra-endurance en pleine nature et de très longue durée. « J’espérais avoir la chance de participer un jour à l’épreuve reine. Cette année, mon rêve deviendra réalité », avoue-t-il avec des étoiles plein les yeux. « L’UTMB, c’est La Mecque du trail. C’est le Saint Graal pour tout sportif qui apprécie parcourir de longues distances. Concrètement, il s’agit du tour du Mont-Blanc à pied (170 km). Le départ sera donné le vendredi 1er septembre à Chamonix dès 18h. Je passerai par l’Italie et la Suisse avant de revenir au départ, où sera d’ailleurs située la ligne d’arrivée ».

Pour cet amoureux de la montagne, il a fallu effectuer énormément d’efforts afin de décrocher le précieux ticket qualificatif. Mais ce n’est pas tout ! « Pour avoir l’opportunité de prendre part à cette épreuve, il faut tout d’abord obtenir quinze points en maximum trois épreuves dans les deux années qui précèdent l’UTMB. Personnellement, j’ai pris part à l’Endurance Trail des Templiers (100km/France), au Morenic Trail (113km dans les Alpes) et à un Trail en Italie en novembre (90km). J’ai ensuite rentré un dossier. Et j’ai été tiré au sort parmi plus ou moins 6.000 candidats. J’étais l’un des 2300 participants au prochain UTMB. J’étais aussi heureux que fier. Il faut dire que l’année dernière, je n’avais pas été tiré au sort. En tout, 41 Belges participeront à l’épreuve reine ».

Celui qui aura 43 ans le 16 avril prochain a déjà pensé à tout. « Je vais prendre un sac à dos avec une poche d’eau, une couverture de survie, un sifflet si je venais à me perdre ainsi que des vêtements divers car les conditions climatiques sont parfois changeantes en montagne. Il peut en effet neiger à la fin du mois d’août ! Je vais essayer de conserver une marge suffisante par rapport à la barrière horaire qui est de 46h30. J’espère ainsi parcourir 170 km en 40h. Voire un peu plus : 43h ».

Après l’effort, le réconfort ! Ainsi, il a prévu de rester un jour de plus, en compagnie de son beau-père, à la montagne. « Le trail, c’est le plaisir avant tout. C’est également un rapprochement avec la nature. Certes, il y a des barrières horaires intermédiaires et nous sommes mis hors course si nous ne les respectons pas. Mais je compte profiter à fond de cet évènement. Voilà pourquoi je resterai 24 heures de plus sur place, histoire de visiter la région et de profiter d’un bon restaurant local ». 

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Les chiffres fous de l’Ultra-Trail du Mont-Blanc

  1. C’est le nombre de kilomètres que devront parcourir les participants dans la montagne.
  2. C’est le nombre de participants à l’UTMB. Lors du tirage au sort, on recense plus ou moins 6.000 candidats. Il y a donc 3700 déçus.

46h30. C’est le temps qu’il ne faut pas dépasser sous peine d’être mis hors course. Le record absolu est de 21h20.

10.000. C’est, en mètres, le dénivelé positif de cette épreuve mythique.

  1. C’est le nombre de ravitaillements. Il y a six « ravitos boisson » et 11 « ravitos nourriture ».

Une préparation minutieuse

Pour parcourir 170 km dans la montagne, il est impératif de se trouver au meilleur de sa forme. « C’est pourquoi mon entraînement spécifique a débuté », explique Philippe Maréchal. « Dans un premier temps, je vais m’entraîner quatre fois par semaine afin d’éliminer la surcharge pondérale liée aux fêtes de fin d’année. Comme il n’est pas aisé de s’entraîner à la grimpette en Belgique, j’ai opté pour ‘l’Interval Training’. Il s’agit de sprints courts (une minute) dans des côtes. De surcroit, je vais effectuer une sortie longue par semaine, à savoir 3 ou 4 heures de course sans arrêt. Ajoutez à cela le fait que je dois m’habituer à courir avec des bâtons. J’effectue donc des exercices de stabilisation lorsque je me trouve dans des descentes. Grâce à la multiplication de ces activités, je tente ainsi de mettre toutes les chances de mon côté ».

Durant l’hiver, les conditions climatiques ne sont pas optimales pour s’entraîner. « C’est pourquoi je me rends une fois par semaine à la salle de sport. J’y fais de la course sur tapis et du renforcement musculaire ».

Mais rien ne remplace évidemment la compétition. « Je vais d’ailleurs prendre part à deux grands trails. Le premier est prévu au mois d’avril dans les Vosges. Il s’agit d’une épreuve de 70 km. Au mois de juillet, j’effectuerai une répétition générale à Verbier (Suisse). Cette fois, ce sera un trail long de 110 km. A noter qu’il n’est pas impossible que je participe également à quelques petits trails plus régionaux ».

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